Ce site de plongée a été découvert lors du tournage du film Océans, par Jacques Perrin. Une montagne sous-marine dont le sommet, ou pinacle, culmine à 40m sous la surface de l’eau. L’endroit est situé à 4h de bateau de Pico. Aux commandes du bateau, c’est Michael qui joue le rôle de skipper. La mer est belle, et je ne compte plus les dauphins que nous croisons. Autre plaisir pour les yeux, le puffin cendré, cousin de l’albatros. A chaque sortie en méditerranée, je croise toujours les doigts pour en voir ne serait-ce qu’un seul. Ici, ils sont tellement nombreux que je ne parviens pas à faire entrer tout le groupe d’oiseaux dans le viseur de mon numérique.

P1040679

P1040687

Sur le bateau, nous sommes une dizaine de plongeurs, parmi lesquels Diana et son mari en voyage de noces. Son mari est complètement malade … ils sont tous les deux Danois, et si vous vous imaginez un scandinave tout blond aux yeux bleus avec le teint d’un blanc pâle, alors vous avez le portrait du mari de Diana en tête. Ajoutez-y le blanc blafard de la tête du type atteint par le mal de mer, et vous y êtes complètement. Ce pauvre gusse subit littéralement la sortie en mer. Sa femme elle, est à l’opposé. Surexcitée par l’idée de plonger sur un site de renom, elle sympathise à tout va avec tout le monde, et je suis parfois gêné vis-à-vis de son mari lorsqu’elle plaisante avec moi. Elle va jusqu’à me donner son adresse e-mail en l’écrivant sur sa main et en me demandant de la prendre en photo. Ça devait être histoire que je me souvienne d’elle, si son mari ne survivait pas à la journée !

L’arrivée sur le site ne se fait pas sans mal. Le skipper a du mal à ancrer. Plusieurs tentatives échouent. Il sollicite alors un autre bateau de plongée pour se mettre à couple : le bateau lance un bout, Mickael l’attrape et essaie de le nouer. Il y arrive. Pendant ce temps, nous nous équipons pour plonger. Alors que je suis presque prêt, je me rends compte qu’un plongeur reste habillé et me fait signe « non » de la main. Il me montre ensuite le bateau auquel nous étions attachés : le nœud a glissé, et nous dérivons. Une grosse demi-heure de plus sera nécessaire pour que nous soyons en mesure de plonger, et c’est justement Diana qui m’accompagnera. Comme le courant est fort, et qu’il n’y a aucun repères (nous ne voyons pas le fond et il n’y a aucun repère latéraux) nous plongeons en palangrotte, en tenant d’une main un cordage. A 20 mètres, l’attente commence. Pour être efficaces, Diana regarde dans une direction, et moi dans l’autre. Je ne vois rien, mais Diana me pince l’épaule (et ouais …) et me montre du doigt celle pour qui tout le monde est venu : mobular mobula, ou raie mobula, appelée plus communément le diable des mers, à cause de la forme de sa tête.

P1170473

P1170472

P1170474

Ce spécimen mesure environ 2m50 d’envergure, et doit peser pas loin de 150kg. Les raies mobulas sont également connues pour les sauts majestueux qu’elles effectuent de manière à se débarrasser de leurs parasites.

La rie nous tourne autour quelques secondes, s’en va, revient … et il est temps de remonter à bord du bateau. C’était une plongée magnifique, et pour mes copains pilotes de planeur, je le dis tout de suite, ça valait largement le gypaète barbu au-dessus des Pyrénées.

En fait, en discutant avec Tom et Gary, je me rends compte que bien que très belle, cette plongée est somme toute commune. Il n’est pas rare d’avoir tout un banc de mobulas qui tourne autour des plongeurs en caroussel à Princesse Alice. De même, en 2013, un requin baleine y a été observé à deux reprises. A de multiples occasions, requins pointes noires, requins taureaux, requins marteaux lisses, renards, bleus, makos y ont été observés. Et en suivant sur ocearch/shark le suivi de Lydia, une femelle requin blanc équipée d’une balise au large de la Floride en décembre 2013, je me rends compte qu’elle est elle aussi par là en avril 2014 !!!

Bref Princesse Alice fait partie de ces endroits où tout est possible, et où rien n’est à exclure.