Il fait un temps pourri pour faire du planeur. Des averses de pluie alternent avec des bourrasques de vent à 70 km/h, le plafond est bas … du coup avec Renaud on se décide pour une partie de pêche, mais la météo limite les possibilités. Ce sera sur le canal, hors agglomération, que nous jetterons notre dévolu.

Sur place, c’est l’enfer. Les feuilles volent, il y en a partout dans l’eau … le site n’est pas abrité du vent … du coup nous laissons tomber et nous nous rabattons vers un site plus urbain, que nous espérons abrité par les résidences. Ce sera le cas. Pour ma part, je préfère dans un premier temps éviter d’aller dans la zone portuaire et préfère longer les berges du canal avec différents crankbaits. Non seulement ça ne fonctionne pas, mais en plus j’accroche un buisson sur la berge d’en face : la missions de sauvetage me fera perdre un bon quart d’heure. Une fois le leurre libéré, je me dirige vers le port, ou Renaud pêche entre les péniches. Lorsque je le rejoins, j’ai droit à :

 « T’étais ou !! j’en ai loupé un gros !! j’ai crié pour que tu viennes et t’es pas venu !!

-       Ben non, j’ai rien entendu … »

Il insiste sur le coin ou son brochet s’est décroché, et à trois reprises, je le vois accrocher le poisson, qui a l’air en effet très beau, mais qui se décroche hélas les trois fois.

Il faut vous dire que je n’aime pas pêcher en ville, et encore moins entre les péniches. Je ne trouve pas ça sexy du tout. Certes ces sites sont d’excellentes caches à poissons, mais en terme de dépaysement, çe me réjouit pas des masses. Mais là, le coup du brochet raté de Renaud éveille ma curiosité.

Décalé de quelques mètres, je lance un spinnerbait booyah, le même que celui de  Renaud, à une dizaine de mètres, et ramène entre les herbiers. Un brochet d’environ 60 cm monte comme une fusée, tape le leurre, mais ne l’accroche pas. Le lancer suivant, exactement la même chose se produit : attaque ascendante, exactement au même endroit, mais pas d’accroche.

Ce brochet, je l’aurais.

Troisième tentative, légèrement décalé sur ma gauche, plus proche d’une péniche … et bam !! Mon brochet se lance comme un missile sur le spinner et cette fois ci, c’est pendu !! J’appelle Renaud qui a une épuisette, car sans son aide je n’arriverai pas à le sortir de l’eau. Alors que le poisson commence à se fatiguer, il met une dernière accélération et se décroche ... Je suis mauvais joueur, et je dis à Renaud "Il compte quand même !"

A peine plus loin, je lance entre deux péniches. Très rapidement, une grosse secousse au bout de la ligne. "Poisson !! Gros !!" Ca tient le fond, ça part sous les péniches ... ce serait peut être un silure ? Il revient vers moi et se laisse remonter vers la surface, je table soit sur un brochet, soit sur un gros sandre .. et c'est finalement un magnifique brochet qui se montre. Mais il n'a pas dit son dernier mot ... alors que Renaud s'apprêt à me prêter main forte, le brochet prends son élan, et là, c'est bienvenue au marineland : un magnifique saut, de toute la longueur du poisson, au dessus de l'eau. Au moment du splash, la ligne se détend, et les bras m'en tombent : il est parti.

Silence assourdissant. Le spinner revient, il est tout tordu ... Renaud profite du poste libéré pour lancer, et accroche un poisson ... lourd ... gros ... qui se défend moins, et pour cause : c'est mon brochet, fatigué de sa première bagarre !! Les rôles s'inversent, Renaud à la ligne, et moi même à l'épuisette. Mis au sec, le poisson accuse 84 cm. Renaud a quelques difficultés à le décrocher, c'est donc moi qui m'y colle. On prends la photo, et hop, remise à l'eau.

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